Entretien avec Claire Montanari, directrice de collection


À l’occasion de la parution en mai prochain de L’archipel littéraire, nous avons pris un moment pour discuter avec Claire Montanari, directrice de cette nouvelle collection de Français pour le collège.

Au fil de notre conversation, nous avons évoqué la genèse du projet, les spécificités des manuels, les raisons qui nous ont poussé à publier simultanément les niveaux de 6e et de 3e, et bien d’autres choses encore.

Parcourez notre entretien en ligne ci-dessous ou téléchargez-le au format PDF.

Pour en savoir plus sur la collection, rendez-vous sur www.emdl.fr/larchipel.


Entretien avec Claire Montanari

Éditions Maison des Langues : Bonjour Claire, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Claire Montanari : Bonjour. Merci de me donner la parole. J’enseigne le Français en collège depuis une dizaine d’années et ai en charge des élèves allophones dans le dispositif UPE2A. Titulaire de l’agrégation de Lettres modernes, j’ai une certification complémentaire en théâtre. Je suis par ailleurs docteure en Lettres et ai enseigné pendant trois ans à l’université Paris Diderot-Paris 7. La question de la pédagogie et de la transmission du savoir au collège m’intéresse tout particulièrement.

Au printemps 2021 paraîtra L’archipel littéraire. En tant que directrice de collection, pourquoi vous êtes-vous lancée dans la conception d’une toute nouvelle méthode de Français ?

Claire Montanari : C’est un très beau projet, né d’un désir de collaboration avec l’équipe éditoriale. Nous sommes partis d’un constat : nous faisons face, en tant qu’enseignants, à des classes souvent très chargées et à des élèves ayant des profils très divers qu’il faut prendre en compte. Nous nous enrichissons dans les formations, mais nous avons aussi besoin d’outils au quotidien pour adapter certains contenus et les rendre accessibles à tous. Le défi m’a semblé passionnant.

Quels aspects vous ont plu dans ce projet ?

Claire Montanari : La philosophie de la collection me plaît beaucoup. Nous tâchons d’aborder les textes de façon ludique et variée en privilégiant la différenciation pédagogique : notre but est que les élèves s’approprient les activités en fonction de leurs compétences ou de leurs goûts. On sait aujourd’hui à quel point le désir d’engagement dans une tâche facilite l’apprentissage et la mémorisation. J’apprécie également beaucoup la variété des rubriques qui entourent les textes : activités d’écrit et d’oral côtoient petits rappels sur l’Histoire des mots et rapides analyses d’oeuvre en Histoire des Arts. Nous proposons fréquemment des débats autour de la lecture : il est important que les élèves apprennent à s’écouter et à justifier leur point de vue. La formation de la pensée se fait en grande partie dans l’échange avec les pairs – la période du confinement nous l’a cruellement rappelé.

Enfin, j’aime particulièrement l’équilibre que nous avons trouvé dans le choix des supports : nos manuels mêlent oeuvres classiques et contemporaines, bandes dessinées, littérature jeunesse, extraits filmiques et captations théâtrales. Les enseignants retrouveront des oeuvres du patrimoine, mais aussi des nouveautés et de très belles découvertes. Je suis très heureuse, par exemple, d’avoir fait entrer dans notre manuel de 3e les poèmes de Madeleine Riffaud, grande résistante, puis reporter de guerre. Ils sont magnifiques et bouleversants…

Pourquoi publier simultanément le manuel de 6e et le manuel de 3e ?

Claire Montanari : Les niveaux de 6e et de 3e sont particulièrement intéressants lorsqu’on réfléchit à la conception d’une collection. Il nous a semblé qu’en travaillant sur ces niveaux si différents, nous montrerions plus facilement l’évolution perceptible entre le cycle 3 et le cycle 4. Les deux manuels se fondent sur une philosophie commune et on y trouve les mêmes rubriques, mais elles sont évidemment adaptées aux enjeux de chaque niveau.

En 6e, il s’agit de poser des jalons méthodologiques dans des activités courtes et variées, qui font le lien avec ce qui a été étudié en primaire. Nous insistons évidemment, dans le manuel de 3e, sur la préparation au DNB. Chaque chapitre se clôt par un sujet de Brevet accompagné d’aides méthodologiques. Dans la partie langue, on trouvera, au fil des leçons, une trentaine d’exercices concrets portant sur les erreurs de syntaxe à éviter lors de l’oral du Brevet, mais aussi sur la rédaction d’une lettre de motivation, d’un mot de remerciement ou d’un rapport de stage.

Dès le manuel de 6e, nous apprenons aux élèves à argumenter en proposant de nombreuses activités de débats. Nous accentuons encore ce trait en 3e en insistant davantage sur l’écrit. Nous proposons très régulièrement de courtes activités, qui peuvent être faites rapidement en fin d’heure, et qui permettent de remobiliser méthode et connaissances et d’acquérir des réflexes d’écriture nécessaires dans la perspective de la 2de.

De la 6e à la 3e, nous cherchons à ancrer les textes dans l’Histoire littéraire. Les élèves sont incités à construire des cartes mentales et à mener des activités pour situer les oeuvres dans leur contexte, récapituler ou développer leurs connaissances.

Le carnet personnalisable, Mon Carnet collège, proposé par les Éditions Maison des Langues, constitue un outil utilisable tout au long du collège : les élèves y trouveront frises chronologiques, cartes et activités adaptées à tous les niveaux.

Quelles caractéristiques innovantes possède cette nouvelle collection par rapport aux autres collections de Français ?

Claire Montanari : Nous avons laissé la part belle aux travaux de groupe, particulièrement stimulants pour les élèves. Chaque chapitre se clôt par un défi engageant toute la classe, mais aussi par trois ou quatre ateliers. Chaque atelier propose de réaliser une oeuvre (planche de bande dessinée, recueil de nouvelles, enregistrement radiophonique, mise en scène…) et met à la disposition des élèves des exercices de vocabulaire et de grammaire qui leur seront directement utiles.

Notre travail a été enrichi par les nombreux entretiens que la maison d’édition a menés auprès de collègues afin de recenser leurs besoins. Nous avons veillé à ce que les activités soient accessibles à tous les profils d’élèves. La version numérique du manuel offre des ressources supplémentaires : vidéos littéraires, exercices interactifs, dictées en podcast, vocabulaire supplémentaire avec des définitions ou des images pour les élèves allophones, leçons de grammaire disponibles en version audio et textes téléchargeables avec une police spécialisée pour les élèves dyslexiques. Les élèves à haut potentiel peuvent par ailleurs se trouver stimulés en effectuant des activités supplémentaires.

Un mot pour la fin ?

Claire Montanari : J’ai été ravie de travailler sur ces deux ouvrages. L’écriture a souvent été amusante et stimulante, et nous nous disions souvent, les auteurs et moi-même, que nous avions hâte de réaliser avec nos propres classes les activités que nous proposions… J’espère que nos collègues enseignants partageront notre enthousiasme et nos envies !

Merci Claire pour vos réponses !