Mon métier, prof de FLE


Professeur, c’est sans doute l’un des plus beaux métiers du monde ! Le métier de prof de FLE est passionnant, prenant, varié. C’est un métier exercé aux quatre coins du monde, dans toutes sortes de contextes et de conditions. Aux Éditions Maison des Langues, nous avons donné la parole aux profs de FLE et recueilli leurs témoignages.

Je participe !

Serena Zagara

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Serena, j’ai 31 ans et je suis italienne. Je travaille auprès de l’Alliance Française de Toronto (en ligne). J’enseigne à des enfants (7-10 ans), aux ados et aux adultes.

 

Pourquoi êtes-vous devenu enseignante de FLE ?

Les langues étrangères ont toujours été ma passion. J’ai étudié les langues étrangères à l’université (italien, espagnol, anglais et français) et le français m’a particulièrement passionné. J’ai voulu poursuivre mes études et me former à l’enseignement du FLE pour partager ma passion avec d’autres personnes qui veulent apprendre cette langue.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

J’adore voir les élèves “s’illuminent” quand ils ont compris une règle de grammaire, ou quand ils sont satisfaits de leur performance (à l’oral ou à l’écrit). Cependant, ce que j’aime le plus c’est partager des “tips”, des astuces que j’ai développées pendant mon parcours d’apprentissage du FLE (par exemple, « comment se souvenir des consonnes qu’on ne lit pas à la fin d’un mot en français ?», « quel mot peut m’aider à retenir une règle de prononciation ? » etc.)

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’aime beaucoup enseigner la grammaire. Normalement les élèves ne maîtrisent même pas la grammaire de leur langue maternelle ; donc, leur faire comprendre le « fonctionnement » du français est très intéressant.

 

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

Avec les enfants j’adore chanter au début et à la fin du cours. J’ai inventé une chanson pour le rituel de fermeture et les enfants l’adorent.

 

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

J’oublie tout ce que j’avais prévu et je pose des questions aux élèves sur leur vie privée (mais pas trop privée). J’essaie de trouver des points en commun parmi tous les participants et moi-même (« oh, moi aussi j’ai un chat ! », « tu sais que l’élève X est aussi allé en vacances à Paris l’été dernier ? », etc.). Je crois que la base de la participation est l’intérêt et la relation que les élèves ont entre eux et avec l’enseignant. Avant de partager les thèmes linguistiques, on partage un peu d’informations personnelles pour créer des liens.

 

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Un enfant de 7 ans, avec des évidents problèmes de manque de confiance en soi, grâce au français a réussi à croire en lui. Il a vaincu la peur de se tromper, a appris à faire connaissance avec d’autres enfants et a commencé à montrer ses compétences pas seulement linguistiques, mais aussi sociales et relationnelles. L’évolution de cet enfant m’émeut et me rappelle que notre travail ne se limite pas à l’enseignement d’une langue étrangère : nous sommes un exemple, un modèle à suivre, nous pouvons faire une grande différence dans la vie de nos élèves. Avec notre empathie, notre amitié et notre travail d’éducateurs, nous pouvons laisser une trace indélébile dans la vie de nos élèves.

 

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

J’aime « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu » pour un public d’adultes. C’est un film drôle qui montre l’aspect interculturel de la société française. C’est aussi très intéressant pour avoir un aperçu des différents accents de la francophonie.

 

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

J’aimerais créer un manuel de français qui puisse montrer des différentes activités selon le profil d’apprentissage des élèves et par conséquent permettre aux enseignants d’adapter l’enseignement. Parfois les manuels sont répétitifs et ne proposent pas des activités variées (par exemple, comment expliquer les articles définis et indéfinis à des élèves dont le profil d’apprentissage principal est celui visuel ? et pour ceux de profil auditif ? et pour le kinesthésique ?). J’aimerais aussi aider et guider des jeunes professeurs dans la création de séquences pédagogiques afin que le développement des cours soit “fluide” et qu’ils ne consacrent pas trop de temps à la préparation de chaque cours (ce qui est fondamental lorsqu’on a plusieurs heures de cours par semaine).

 

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

Ça c’est aussi un projet pour le futur : créer un site web avec des conseils, des activités originales et des fiches pédagogiques afin de le partager avec des collègues de FLE dans le monde entier. Work in progress.

 

Insaf Khmaissia

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Insaf Khmaissia et suis tunisienne. Je travaille actuellement à Linguaphone France Éducation. J’enseigne à des natifs, mais aussi à des adultes pour qui le français représente une langue seconde ou étrangère.

 

 

Pourquoi êtes-vous devenu enseignante de FLE ?

Je suis devenue enseignante de FLE car j’aime beaucoup ce métier. La francophonie est l’oxygène de ma vie.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Ce que j’aime le plus c’est la reconnaissance de mes apprenants, leurs témoignages qui me donnent l’envie de continuer à partager ma passion qu’est l’enseignement du FLE avec eux.

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’aime enseigner à mes élèves des textes littéraires et à partir de ces supports, je leur enseigne grammaire, orthographe et conjugaison. La littérature m’a toujours servi à comprendre le monde et ses codes. J’aimerais transmettre cette passion à mes élèves.

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

J’aime voir mes apprenants s’exprimant bien, parlant de leurs rêves dans la vie, développant leurs points de vue concernant des questions philosophiques, voire existentielles.

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

Je leur demande : « Est-ce qu’il y a un artiste parmi vous ? ». Si oui, cet artiste peut partager sa passion avec nous et la classe devient un théâtre. Si non, je le fais moi-même car je suis esthète, comme ils disent. Faire entrer les arts dans la classe de FLE était mon module préféré lors du stage que j’ai fait à LLN : stage international en Didactique du FLE.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

La plus marquante : J’ai enseigné à un apprenant qui aime beaucoup la lecture. Il m’a suggéré un jour de lire Le Vieil Homme et la Mer d’Ernest Hemingway. Depuis ce jour-là Hemingway est devenu le meilleur écrivain pour moi. C’est l’histoire la plus profonde. La plus touchante :Je suis persuadée que notre métier quoiqu’il soit difficile reste une source d’épanouissement. Croyez-moi ! Il y a des apprenants qui sont devenus mes vrais amis. Vers la fin de la formation, j’essaie de ne pas pleurer. Eux aussi, ils font de leur mieux. J’aime les émotions en classe de FLE.

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Je leur recommande L’Étranger d’Albert Camus. Ce roman est d’une richesse grammaticale, mais aussi existentielle. Il nous apprend à nuancer nos idées, à bien comprendre l’univers tactile et spirituel.

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

Dans 5 ans, j’aimerais bien contribuer au rayonnement de la francophonie partout dans le monde. Je vais suivre prochainement des formations en Management car j’ai l’esprit d’initiative. Je ne souhaite aucunement être comme une étoile filante dans ce monde très beau que représente la francophonie. Mon but est d’être Alpha Canis Majoris. Dans 5 ans je serai ou ne serai plus. Un souhait : Être invitée un jour par La Grande Librairie. J’aimerais écrire un roman qui touche le public littéraire. Je voudrais bien que chaque mot écrit soit le plus authentique.

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

Insaf Khmaissia, ma page. Je suis l’auteure de Rébellion, un recueil de poésie. Et actuellement, je finalise mon roman, le projet de ma vie.

 

Florence Dujardin

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Bonjour, je m’appelle Florence Dujardin. Je suis enseignante de FLE à Murcia, en Espagne, dans les Écoles de langues (EOI). Je suis originaire de Caen, en France.

Pourquoi êtes-vous devenue enseignante de FLE ?

Par hasard et par opportunité de la vie. Je n’étais pas prédestinée à l’enseignement et encore moins à celui du français et du FLE. C’est en voulant commencer ma carrière professionnelle en Espagne en 1998 et n’ayant pas de réponses dans mes recherches d’emploi dans la branche où j’avais étudié, que j’ai un jour déposé mon CV dans une académie de langues, type d’écoles privées, nombreuses en Espagne ; une porte sur le FLE s’est alors ouverte à moi.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Tout. L’enseignement, le français, le processus d’enseignement et d’apprentissage, le CECRL, l’innovation, les projets, Erasmus +, les lois d’éducation, mais surtout les apprenants, les élèves, les étudiants à qui est destiné l’enseignement.

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

Je n’ai pas de matière de prédilection. J’aime enseigner le FLE. J’aime leur enseigner à apprendre par eux- mêmes, les faire réfléchir sur et dans la langue cible et ce sur tous les tous aspects de la langue : phonétiques, syntaxiques, lexicaux, socio-culturels, etc…. Et j’aime particulièrement la médiation.

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

En début de cours, prendre la température, savoir comment vont les élèves, s’ils ont fait leurs tâches, suivi mes conseils, …

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

J’ai la chance de ne pas avoir cette situation très souvent, voire jamais. Mais je ne panique pas. C’est peut-être l’occasion d’ouvrir le débat, pratiquer l’expression orale, se centrer plus sur les élèves, changer le rituel de classe et revenir aux pratiques traditionnelles. Je travaille avec le livre numérique en classe mais les élèves ont leur livre avec eux et c’est sûrement cela qui est rassurant. Je crois que j’ai la chance d’être une prof hydride ; je me suis formée au XXè et au XXIè siècle.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Une des anecdotes ou le fait qui m’a le plus marquée, c’est quelques mois avant le déclenchement de la pandémie, quand une élève de niveau B2, qui devait chercher une vidéo en relation avec un thème qu’on était en train d’étudier, l’a présentée au reste de la classe. Cette élève fit un très bon travail de médiation et nous laissa bouche bée en nous parlant d’une espèce en voie de disparition dont la plupart n’avaient jamais entendu parlé ou très peu: le pangolin. Un mois plus tard, le pangolin faisait l’actualité au niveau mondial et cela nous laissa encore plus pantois.

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Vivir es fácil con los ojos cerrados (de David Trueba, 2013) Ce n’est pas un film pour le FLE, c’est un film espagnol et je ne suis pas sûre qu’il soit sorti en France. Mais c’est un film qui m’a fait réfléchir sur ma pratique d’enseignement du FLE et des langues étrangères en général. Je ne suis pas certaine non plus que l’auteur, le réalisateur du film, David Trueba, traite du sujet dans cette intention. Toujours est-il qu’il raconte l’épopée d’un professeur d’anglais carthagénois des années 60, fou des Beatles et prêt à tout pour transmettre sa passion de la musique et de la langue. De l’époque des Beatles, nous connaissons les disques vinyles mais les paroles ? Dans l’impasse, en voulant retranscrire les paroles d’une chanson, ce professeur décide d’aller à la rencontre de John Lennon sur un tournage à Almeria. Ce film a vraiment éveillé ma conscience sur utilisation des nouvelles technologies en classe et surtout sur l’avant et l’après de l’Internet en classe.

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

En classe ou/et travaillant pour une institution, dans un groupe de travail européen sur les langues .

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

J’ai plusieurs blogs que je peux partager mais pas forcément publier. Depuis plusieurs années, j’utilise des plateformes ; j’ai commencé avec Edmodo et Schoology et maintenant j’utilise Moddle. Donc mes blogs sont tombés en désuétude et je ne suis pas très active sur les réseaux sociaux.

https://floreduj.blogspot.com/

https://etwinningetmoi.blogspot.com/

https://nuestroblogerasmusplus.blogspot.com/

 

Hélène Crawford

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous?

Je m’appelle Hélène Crawford, j’ai 50 ans et je suis originaire d’Occitanie, plus précisément de Canet-en-Roussillon. Je travaille à Sydney en Australie, j’ai monté ma propre école de FLE en 2017 et je suis la seule prof. J’enseigne aux enfants de primaire, aux étudiants de secondaire qui passent le High school Certificate ou le baccalauréat international et enfin aux adultes de tous âges qui souhaitent parler la langue de Molière pour leurs voyages, ou par simple amusement.

 

Pourquoi êtes-vous devenu enseignante de FLE ?

J’ai passé un DU FLE à l’Université de Montpellier en 2014/15. J’étais alors aide-soignante en service de nuit à l’hôpital de Narbonne. Mariée à un Australien, j’ai souhaité préparer notre départ pour l’Australie prévu en 2016. J’ai toujours aimé l’enseignement, et J’ai trouvé une façon de transmettre non seulement ma connaissance de la langue mais aussi ma culture, qui m’est propre. Je suis issue d’un mélange vietnamien, alsacien, breton, catalan, tout ce qui fait de moi une Française avec une histoire.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

J’adore partager mes intérêts qui me servent de support pour mes cours. Les entreprises françaises, les artistes, les monuments, le cinéma, la musique, la politique. Mes élèves adultes adorent. Pour les plus jeunes, je m’adapte en chanson ou avec des jeux. Mais la culture reste au cœur de l’apprentissage.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’adore le vocabulaire de perfectionnement. Lors de la préparation de mes cours il m’arrive de découvrir des mots. Je m’améliore tout en enseignant. Par exemple, J’ai récemment découvert que le Vallon des Auffes à Marseille tient son nom des auffiers, qui fabriquaient les filets de pêche et les cordages.

 

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

J’aime les rituels avec les enfants. Celui que l’on rate pas, c’est la chanson de bienvenue. On chante en mimant, et les enfants la connaissent par cœur au bout de deux ou trois leçons, c’est fabuleux.

 

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

Le jeu. J’ai toujours dans mon sac quelques jeux (jeu de Kim, un tapis de Twister, un Uno, etc…) Ça marche très bien avec les enfants. Pour les lycéens et les adultes, même chose. Les jeux peuvent être un peu différents. Le «Qui suis-je» est le plus populaire.

 

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Lors d’un cours avancé, j’ai préparé un quiz sur Coco Chanel, avec une vidéo support de Météo à la carte. L’une de mes élèves, Justine, 60 ans, a apporté des échantillons de parfum Chanel 5 à chacune de mes élèves ainsi qu’à moi. J’étais très émue par ce geste.

 

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Pour les enfants, le Petit Prince est un grand classique. Il y a tellement d’activités possibles autour de ce livre. J’utilise aussi les vidéos de Boris, elles ne durent que deux ou trois minutes. C’est plein d’humour et facile à adapter pour les leçons. Pour les ados et les adultes, j’utilise le site YouTube de Météo à la carte. On découvre la France sous tous ses aspects. Pour ma part, je réalise des quiz hebdomadaires qui servent de départ pour le déroulement d’une leçon.

 

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

Je me vois toujours prof de FLE, toujours à Sydney avec peut-être une vraie salle de classe (j’enseigne à la maison, dans mon salon, ou en ligne). Mon défi c’est de pouvoir emmener mes élèves lycéens en immersion en Nouvelle Calédonie au moins une fois par an. Je vais déjà commencer par des immersions en Australie, mais ce n’est pas pareil.

 

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

Oui, j’ai un site web, mais je ne le mets que très rarement à jour. C’est Frenchaussi.com.

Salma Alamassi

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Bonjour ! Je m’appelle Salma Alamassi. Je suis palestinienne de Gaza mais je vis actuellement à Istanbul en Turquie. A Gaza, j’enseignais le français dans deux endroits différents en même temps :

– à l’université Alazhar à Gaza, où j’enseignais la civilisation, la littérature, les linguistiques, la traduction etc. aux étudiants palestiniens au département d’anglais-français (FLE).

– à l’Institut français à tout public (A1 – B2) aux étudiants palestiniens.

A Istanbul, j’enseigne le français (A1 – A2) à l’université d’Ozyegin aux étudiants turcs et internationaux.

 

Pourquoi êtes-vous devenue enseignante de FLE ?

J’ai étudié le français (FLE) au département d’anglais-français à l’université Alazhar à Gaza. J’ai beaucoup aimé la langue, même plus que l’anglais qui était ma leçon préférée à l’école. J’étais la meilleure étudiante en classe, du coup ; j’ai été choisie par le consulat français à Jérusalem pour enseigner l’arabe dans des lycées publics en France. Mon séjour en France a été très utile pour moi. J’ai appris de nouvelles choses et j’ai obtenu de nouvelles compétences et expériences qui m’ont beaucoup aidée à travailler comme prof de français quand je suis rentrée chez moi. Maintenant, j’enseigne et le français et l’arabe, ma langue maternelle, à l’université. Même si j’aime beaucoup enseigner l’arabe, enseigner le français est ma première et dernière passion.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

J’aime beaucoup le fait que j’enseigne ce que j’ai appris et ce que je continue à apprendre. Enseigner la culture et le langage utilisé dans la rue. Le fait que je parle 4 langues différentes m’aide beaucoup à aider les étudiants à comprendre ou distinguer des règles.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’aime tout enseigner : on ne peut pas enseigner une compétence sans les autres. J’adore quand-même enseigner la grammaire qui me parait comme les maths.

 

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

Les quizzes Kahoot, sur LiveSheetWork ou sur WordWall. Les productions écrites ou orales qu’on doit faire en groupes.

 

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

On ne peut pas nier le fait que la base d’un cours est l’enseignant avec les étudiants pas la technologie par exemple. C’est-à-dire que tant qu’il y a un prof passionné et des étudiants dans la classe, il n’y a jamais de catastrophes. Si les élèves ne réagissent pas bien aux activités déjà prévues, il y a toujours des “activités préférées des élèves”. On y va avec.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Quand j’étais à Gaza, j’avais une leçon avec les étudiants de 3ème année qui ne parlaient presque pas. J’ai parlé avec eux pour comprendre leur problème. Ils avaient peur de faire des fautes et que les autres se moquent d’eux. Je leur ai donné tous les conseils nécessaires mais ça n’a rien changé. Pour les engager dans les leçons, un jour je leur demande de faire une recherche sur un sujet. Je leur demande de ne pas venir au cours prochain s’ils ne préparent pas. Ils viennent tous ce qui veut dire qu’ils ont tous fait le devoir. Je commence à poser les questions mais il n’y a qu’un seul étudiant qui répond à toutes les questions. Pour le cours d’après, je fais la même chose et je leur demande de ne pas venir s’ils ne vont pas pouvoir répondre à mes questions. Tout le monde est là, je pose les questions et comme la dernière fois, il n’y a que Moussa qui répond aux questions. Du coup, je leur ai demandé de quitter la classe sauf Moussa. J’ai donné cours à Moussa. Depuis ce jour-là, ils ont commencé à bien préparer et à bien étudier.

 

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Il y a deux films que je recommande : Bienvenue chez les Ch’tis et la Ch’tite famille. Ils sont comiques et ils montrent une différente culture de la France. La France n’est pas seulement Paris et la tour Eiffel. Les étudiants peuvent apprendre de nouveaux vocabulaires comme le mec qui joue dans le film. Aussi, ces films renforcent la confiance en soi des étudiants qui pensent qu’ils ont un accent.

 

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

Une coordinatrice des cours qui fait grandir le groupe d’enseignants de français à cette université.

 

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

– la page de notre programme sur le site de l’université: https://www.ozyegin.edu.tr/en/modern-languages-program

– le compte de notre programme sur Instagram: https://instagram.com/ozu.scola.modernlanguages?igshid=YmMyMTA2M2Y=

Marion Auger

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Marion Auger. Je suis née en Seine Saint Denis mais j’ai passé le collège et le lycée à Montpellier. J’enseigne à Loja une petite ville au sud de l’Équateur dans une petite alliance Française et en ligne pour l’Alliance française de Toronto.

Pourquoi êtes-vous devenu enseignante de FLE ?

Au lycée je donnais des cours de soutien à des collégiens, en français et en anglais et j’aimais bien expliquer la grammaire et aider à trouver des méthodes de travail, et j’ai toujours eu une passion pour les langues. A la fin de ma licence d’anglais/allemand on a fait un crash course sur l’enseignement de l’anglais comme langue seconde et j’ai adoré. Je voulais être prof d’anglais au départ.

Je suis partie deux ans à Bayonne où j’étais pionne dans un collège et j’ai suivi un DU de FLE à distance avec l’université de Grenoble. L’été j’ai été prise comme prof de FLE à Biarritz dans une école qui accueillait des vacanciers nordiques et même si j’étais la plus jeune de ma classe j’ai adoré l’expérience. C’est comme ça que j’ai mis le pied à l’étrier.

J’ai déménagé au Danemark où j’ai vécu 10 ans et là j’ai pu me forger une expérience à l’école française de Copenhague, en maternelle comme animatrice et comme prof de FLE à l’école Européenne.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

J’aime voir des étudiants partir de zéro en français et développer un goût pour le français c’est pour cela que j’adore les grands débutants, j’aime l’aspect interculturel, d’échange de points de vue et j’aime constater que je continue à apprendre, à améliorer mon enseignement. J’aime aussi que mon métier aide à concrétiser des projets pour mes apprenants et de voir qu’ils gagnent en confiance de soi et que ça leur offre des opportunités.

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’aime enseigner les faits culturels et le fait que la francophonie a lieu dans plein de contextes différents. J’aime l’angle socio-géographique pour aborder des thèmes linguistiques. Et les expressions idiomatiques qui sont souvent cocasses et nous amènent à rire en classe.

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

Au tout début c’est de leur demander 5 mots importants pour eux, que ce soit un concept, un objet, une priorité dans leur vie, comme la famille, la nature, les animaux, la liberté, le sport etc.…Un étudiant qui n’avait pas compris la question, dans un contexte où nous n’avions pas de langue commune m’a dit « la soupe ». Une camarade lui a réexpliqué et nous avons tous bien ri. Je donne aussi un kit de survie des phrases en classe et dès le deuxième cours, on arrive à communiquer en français très rapidement.

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

Je donne des cours en ligne essentiellement donc si le wifi ne fait pas son job, c’est compliqué. Mais j’aime bien dans nos groupes WhatsApp ou dans le chat de zoom envoyer une série d’emojis et ils doivent construire des phrases avec, ça peut être adapté à tout niveau.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Lors d’un cours particulier je raconte à un étudiant pourquoi les croissants et pains au chocolat s’appelle des viennoiseries. Je répète plusieurs fois le nom de Marie Antoinette. Mon étudiant m’interrompt et me dit « Pourquoi elle s’appelle Marie-aux-toilettes, je ne vois pas le rapport avec les croissants ».

Ou une étudiante en cours en ligne que j’ai vu tomber de sa chaise, j’ai vu des plumes et un chat. Son chat venait de déposer une tourterelle sur son clavier !

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Sur le site du musée des migrations de Paris, il y a une page qui s’appelle la galerie des dons et un documentaire sur l’histoire des migrations en France et c’est un support excellent pour l’interculturel. Je recommande davantage des supports audios, comme le podcast Zoom zoom zen sur France inter ou La veillée pour trouver des supports de discussion.

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

Je souhaite rentrer en France et intervenir dans des structures qui offrent du FLE ou FLI comme formatrice de bénévoles ou former des enseignants de l’éducation nationale qui se retrouvent à accueillir des non-francophones.

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

Je recommande les vidéos de Broute, par Bertrand Usclat (sur YouTube), qui souvent très drôles qui permettent de discuter sur plein de sujets. Et puis ça peut servir aux prépa DELF/ DALF !

Fanny Grosse

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Fanny et je suis originaire du pays de l’andouille, Vire en Basse-Normandie. Je vis en Espagne depuis de nombreuses années et je me suis installée à Antequera, dans la province de Malaga, où je suis professeur de FLE à l’école officielle de langues depuis 2010. J’ai la chance de pouvoir enseigner à un public essentiellement d’adultes mais surtout à des apprenants motivés qui s’inscrivent volontairement à leurs cours. Depuis 2010, j’ai enseigné tous les niveaux proposés dans notre école, à savoir du niveau A1 au niveau C1.

Pourquoi êtes-vous devenu enseignante de FLE ?

Je me suis toujours intéressée à l’apprentissage des langues étrangères quelles qu’elles soient. Ma formation initiale d’espagnol me conduisait plutôt à enseigner la langue espagnole en France. Suite à une année Erasmus à Grenade, j’ai décidé d’y rester, ce pour quoi j’ai dû réorienter ma carrière. Il m’a fallu reprendre le chemin de l’école et me former en FLE pour réussir un concours de professeur de français en EOI en Andalousie.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Il y a beaucoup de choses que j’aime dans mon métier mais si je dois en sélectionner une en particulier, je dirais le côté relationnel de ma profession. Les très bonnes conditions dans lesquelles j’ai la chance de travailler font que nous pouvons organiser des activités extrascolaires originales et adaptées au profil de nos apprenants. Par exemple, j’ai organisé à plusieurs reprises une dégustation de fromages français (avec une sélection de 17 fromages presque exclusivement au lait cru).

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’aime partager ma culture francophone avec mes apprenants. Je dis bien francophone et non française car je tiens à leur faire prendre conscience des variantes lexicales et culturelles liées à notre langue.

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

Avec mes élèves débutants, j’ai tendance à utiliser beaucoup les gestes pour me faire comprendre, ou plutôt à ajouter le geste à la parole pour les aider à interpréter ce que je leur dis.

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

La première chose est de rester zen ! Étant habituée aux problèmes technologiques dans mon école, j’ai appris à toujours avoir un plan B au cas où… Pour les compréhensions orales par exemple, quand le son des ordinateurs ne fonctionne pas, il me suffit de prendre un lecteur mp3 portable et d’envoyer l’audio de mon téléphone (gardé préalablement sur Classroom) par Bluetooth. Quel que soit le problème, il y a toujours une solution. Mieux vaut y penser avant pour faire preuve d’efficacité et y faire face rapidement.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Il nous arrive très souvent d’être pris d’un fou rire en classe ! Quand un étudiant confond un mot pour un autre par exemple, cela peut parfois faire sourire… Imaginez « des avances » pour « des avancées », « être constipé » pour « être enrhumé », etc. Je ne perds jamais l’occasion de le leur expliquer !

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Je conseillerais à tout prof de lire le roman autobiographique de Daniel Pennac, Chagrin d’école. Non seulement c’est très drôle mais en plus l’auteur donne un bon exemple aux apprenants qui se sous-estimeraient. Après un parcours scolaire qu’on peut qualifier de médiocre, il est quand même parvenu à devenir professeur de français et c’est désormais un écrivain reconnu dans le monde littéraire (Prix Renaudot 2007) !

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

J’envisage de rester dans l’école où je travaille actuellement puisque je m’y plais bien. Par ailleurs, l’une de mes aspirations est de participer à l’élaboration d’un manuel scolaire ou de matériels pédagogiques. Je prépare de nombreuses activités pour mes apprenants à partir de documents authentiques et j’espère bien pouvoir partager certaines d’entre elles un jour dans une publication.

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

J’essaie de publier assez régulièrement en ligne pour partager des activités et/ou des idées. Voici notamment un de mes sites dans lequel vous trouverez un petit peu de tout : https://fannygrosse.weebly.com/

 

 

 

Martine Sengelin

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Martine, je suis française, j’enseigne le FLE à titre bénévole depuis une dizaine d’années. Je travaille à l’association APPUIS de Colmar. Les apprenants sont des demandeurs d’asile, adultes, d’origine européenne, asiatique et africaine.

Pourquoi êtes-vous devenue enseignante de FLE ?

J’aime la langue française, j’aime l’échange et la rencontre avec des cultures différentes. Dans le cadre de mon travail en université, j’accueillais des étudiants étrangers ; j’ai vu de près comme il était difficile de s’intégrer dans une autre culture, même en étant en situation régulière. Cette mission m’a donné envie de m’investir dans du bénévolat et d’apprendre le français à des réfugiés.

J’ai d’abord travaillé avec des adultes francophones, en situation précaire et qui avaient besoin de se perfectionner à l’écrit. Puis j’ai suivi des personnes étrangères notamment des hockeyeurs de niveau international, russes, finlandais, estoniens… J’ai ressenti le besoin de me former et j’ai suivi les cours du CNED tout en travaillant. Puis j’ai travaillé, toujours bénévolement avec des Irakiens, des personnes des Balkans, de différents pays d’Afrique…

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

La rencontre avec d’autres cultures, la satisfaction de voir quelqu’un progresser et devenir autonome.

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

Leur donner des clés pour se débrouiller au plus vite dans une culture très différente de la leur.

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

Proposer des jeux brise-glace et voir sourire et rire des personnes aux prises avec une vie très difficile, leur donner une parenthèse ….

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

Les débuts de cours ne sont JAMAIS comme j’ai prévu ! Apprenants absents ou personnes non prévues…Du coup, je viens toujours avec des exercices de secours.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

La plus drôle : Un apprenant souvent en retard a été briefé et il est désormais à l’heure. Il accueille maintenant les retardataires en leur interdisant l’accès au cours avec beaucoup d’humour.

La plus marquante : le jour où un couple d’Arméniens a appris juste avant le cours qu’ils devaient repartir dans leur pays. C’était la première fois que j’étais confrontée à cette situation, difficile de faire cours après…

La plus touchante : un cours sur la famille et une jeune femme géorgienne tente de m’expliquer quelque chose que je ne comprends pas, elle tape sur son téléphone : mes parents sont morts…

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Je m’inspire de plusieurs manuels mais aucun ne me convient vraiment.

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

J’espère pouvoir enseigner le plus longtemps possible, avec la même passion ! Mon rêve serait d’être… rémunérée maintenant que je suis à la retraite !

 

Lilita Kokkina

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Lilita Kokkina. J’enseigne le FLE à l’Université nationale Metchnikov d’Odessa, en Ukraine, mon pays natal. Nos étudiants sont de futurs enseignants de français, traducteurs, interprètes et spécialistes en lettres.

Pourquoi êtes-vous devenue enseignante de FLE ?

À l’âge de trois ans j’ai définitivement choisi de devenir professeure. Le français… une simple histoire de coup de foudre… Étant scolarisée dans une école spécialisée en maths, étouffée par toutes ces choses incompréhensibles, j’ai eu une gorgée d’eau fraîche, de la potion magique avec ma première leçon de français, à 11 ans. Le charme irrésistible de notre professeure, son allure, sa belle langue inconnue avec cette mélodie de sons magiques… Et voilà ! C’est à ce moment-là qu’on s’est unis pour toujours, le français et moi.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Je suis utile, énormément utile. Être professeur, ça signifie aider, être à l’écoute, assister, guider, remplacer les éléments absents dans la vie de nos apprenants, faire partie intégrante de leur existence.

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’adore tout ! Il m’est difficile de trancher, découper la phonétique de la grammaire, par exemple. La langue, c’est un être vivant, alors ça lui ferait du mal !

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

Je commence toujours par préciser si mes étudiants vont bien ou super bien, en exigeant des explications, des justifications et des arguments. Bien sûr, tout ça, en riant et nous moquant des problèmes de notre quotidien, ce qui redonne le moral, surtout maintenant, en pleine guerre…

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

On parle. On parle toujours. On adore se poser des questions à tour de rôle, en révisant la grammaire, par exemple : « Qu’est-ce que tu as fait hier ? » « À qui as-tu pensé avant de t’endormir ? » etc.

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

C’est toujours drôle quand quelqu’un se trompe de prononciation et le mot signifie quelque chose de marrant dans la langue maternelle. Les éclats de rire sont garantis.

Y a-t-il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

L’auberge espagnole, Les poupées russes, Le casse-tête chinois. Cette trilogie est super efficace quand on apprend la civilisation française, surtout en comparaison avec les autres modes de vie.

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

J’espère m’investir toujours dans le même domaine, avec la nouvelle génération d’étudiants. Bien évidemment, je voudrais me développer, élaborer de nouveaux cursus universitaires et renouveler les anciens.

Avez-vous un site web, un blog ou un compte sur les réseaux sociaux que vous souhaiteriez partager ?

https://www.instagram.com/p/CjNNVYSLbPx/?igshid=YmMyMTA2M2Y=

Camille Deschamps

Présentez-vous : comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous originaire ? Où travaillez-vous ? À qui enseignez-vous ?

Je m’appelle Camille Deschamps, je suis française, originaire de la banlieue parisienne. Je vis dans le nord de l’Angleterre, où j’enseigne le français et l’espagnol à des adultes. Je suis employée par le County Council, c’est-à-dire que je fais partie de la fonction publique territoriale.

Pourquoi êtes-vous devenue enseignante de FLE ?

J’ai été intéressée par les langues et la linguistique très tôt, ça date de mes cours de latin au collège. Et puis j’avais une amie en seconde qui était roumaine et qui venait d’arriver en France. Je me souviens du plaisir que j’ai eu à l’aider en français (elle m’aidait en maths !). Par contre, je ne voulais surtout pas être prof !! Je viens d’une famille de profs, et j’ai tout fait pour ne pas l’être… Et puis au final, le FLE à l’université me donnait un moyen de voir du pays, et de rejoindre mon copain en Angleterre. Mes expériences d’enseignement en collège et lycée n’ont pas été concluantes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Mais avec un public d’adultes, je trouve que prof de FLE, c’est un métier qui me correspond parfaitement !

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Les gens que je rencontre !

Qu’est-ce que vous aimez le plus enseigner à vos élèves ?

J’aime beaucoup leur en faire comprendre plus sur leur propre langue, l’anglais. Je passe par l’étymologie pour que le vocabulaire fasse sens. Les mots « mouton » et « bœuf » désignent l’animal et la viande, alors qu’en anglais « mutton » et « beef » ne désignent que la viande. Les mots pour les animaux, « sheep » et « cattle » sont, eux, d’origine germanique. Ça remonte au Moyen-Age : après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, pendant quatre siècles l’aristocratie en Angleterre parlait français. C’est donc du français que vient le vocabulaire de la table, alors que le vocabulaire de la ferme est issu de l’« Old English », parlé par les paysans.

Ce genre d’anecdotes historiques aident les élèves à se souvenir du vocabulaire français, mais aussi à voir comment les langues ont dialogué ensemble pendant des siècles, et s’enrichissent au contact les unes des autres.

Quel est le rituel de classe que vous préférez ?

J’ai une routine que j’appelle « Comment ça va ? » pour débuter les cours. J’enseigne «Comment ça va ? » et « Ça va très bien / bien / moyen / mal, et toi ? » aux débutants lors de leur première leçon, ils pratiquent en groupes de deux. À partir de la deuxième leçon, c’est comme ça que commencent tous mes cours : les élèves demandent à leur voisin comment ils vont. Quand ce dialogue est bien assimilé, je leur enseigne « pourquoi ? » et « parce que ». Au fur et à mesure de l’année, la routine se développe (en hiver, on parle de l’état de santé, au printemps, de la météo, etc.). À la fin de l’année, ils peuvent avoir une conversation tout à fait naturelle pendant 5/10 minutes, sans que j’ai besoin d’intervenir.

Dans les cinq premières minutes du cours, catastrophe (la technologie tombe en panne, les élèves ne réagissent pas bien aux activités que vous avez prévues…). Quel est votre plan B ?

Dans ces cas-là, une activité qui marche toujours, pour tous les niveaux, qui ne nécessite aucun matériel et qui est facile à expliquer, c’est une version de « Au marché, j’ai acheté… ». C’est un jeu de mémoire qui peut être utilisé avec toutes sortes de vocabulaire et pour pratiquer des structures grammaticales variées : « Ce weekend, si je pouvais, je ferais du vélo / j’irai au restaurant / je regarderais la télé ». C’est toujours utile de réviser à l’oral, c’est rigolo, et ça me laisse 10 minutes pour trouver une solution !

Racontez-nous votre anecdote la plus drôle / marquante / touchante en classe de FLE.

Je me souviens d’une dame qui avait beaucoup de mal à accomplir une activité où il s’agissait de donner des directions. Elle était très gênée et embarrassée, ce qui m’avait surprise car ce n’était pas son caractère. Elle m’avoue enfin, en chuchotant très bas, que le problème n’était pas le français, mais qu’elle ne connaissait pas sa gauche et sa droite ! Je l’ai rassurée rapidement : moi non plus ! Et je lui ai dit qu’au fil des années, j’avais remarqué que c’était le cas d’un homme sur dix et d’une femme sur cinq, qu’il n’y avait vraiment pas de quoi être embarrassée. Elle en avait les larmes aux yeux…

Y a-t’il un livre ou un film en particulier que vous aimeriez recommander à vos collègues de FLE ? Si oui, lequel et pourquoi ?

J’aime beaucoup Les Mots migrateurs, de Marie Treps. C’est un livre qui nous emmène en voyage, à la découverte des mots français qui ont migré dans d’autres langues, et fait leur vie. Ça rejoint un peu ce que je disais avant sur « mouton » et « bœuf ».

Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Un défi ou un souhait professionnel en vue ?

J’aimerais bien pouvoir organiser des stages intensifs, ou même continuer les cours hebdomadaires normaux, pendant l’été. Ou peut-être offrir des ateliers sur la journée ou la demi-journée. La plupart de mes étudiants sont retraités, alors c’est plutôt l’hiver qu’ils partent en vacances !

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