Construire un cours en ligne


Autrice : Amandine Quétel

Cet article fait écho à la Rencontre virtuelle FLE qu’elle a animée le 1er avril 2020 et au Instagram Live du 28 mai 2020.

Visionner la Rencontre virtuelle FLE


Face à cette situation sans précédent dans laquelle nous nous sommes retrouvés plongés en mars dernier, la plupart des enseignants, du monde entier, ont dû, du jour au lendemain, repenser entièrement leur manière de travailler afin d’assurer ce qu’on a appelé la continuité pédagogique. Le défi était, et continue d’être considérable ! Adapter toute sa programmation, ses activités pédagogiques, les dynamiques de classes et les outils pour transmettre et enseigner à travers un écran, quand certains d’entre nous, enseignants comme apprenants, ne sont pas toujours familiarisés avec les nouvelles technologies.

Plutôt que de céder à la panique, dans un cas comme celui-ci, il faut tenter à tout prix de rationaliser sa façon de travailler et mettre de côté temporairement l’innovation pédagogique. Une fois que les modalités d’enseignement en ligne sont bien installées et que tout le monde a pris le rythme, alors on peut se permettre de reprendre le chemin de l’innovation, l’invention, l’imagination.

Le travail de professeur de FLE en ligne

Lors du passage d’un cours présentiel à un cours en ligne, tous les éléments de notre travail sont bouleversés, jusqu’à notre rôle d’enseignant et notre relation aux apprenants. Cela nous amène à repenser chacune de nos tâches. Dans une modalité de cours à distance, on pourrait lister les différentes tâches qui incombent à l’enseignant de la manière suivante :

  • Sélectionner les ressources : avant de jeter son dévolu sur les ressources qui foisonnent sur internet, il faut se poser la première question : « Puis-je réutiliser les ressources que j’avais prévues pour mon cours en présentiel ? ». Est-il possible d’utiliser le livre de la classe, les photocopies habituelles, les jeux, les chansons, les vidéos… ? En général la réponse est oui, il faut simplement vérifier d’un point de vue technique que tous les apprenants vont pouvoir y avoir accès. Le livre de la classe est en format numérique sur l’Espace virtuel, on peut envoyer les documents par email ou les placer dans un dossier partagé, de la même manière pour les chansons et les vidéos. Quant aux jeux, il faudra sans doute repenser la manière de jouer, mais ça n’est pas impossible.
  • Partager les ressources et le matériel que l’on aura sélectionné. Pour cela il est important de choisir dès le début du cours une plateforme commune pour tous les apprenants et de passer un peu de temps à l’organiser. Sur une plateforme comme Google drive ou Dropbox, on peut créer des dossiers et des sous-dossiers, qui permettent d’organiser clairement le travail pour les apprenants.
  • Organiser le travail en donnant les consignes le plus clairement possible à l’oral lors du moment de contact direct avec les élèves, puis à l’écrit dans un fichier récapitulant les activités à faire, les délais à respecter, les moyens de communication à utiliser etc.
  • Animer les élèves, qui eux aussi pourraient être déroutés par la modalité de travail à distance et perdre leur motivation. La visioconférence est un moyen efficace de ne pas perdre le contact avec les élèves, de prendre de leurs nouvelles, de répondre à leurs doutes. Mais également le fait de bien structurer le travail, équilibrer les temps de travail en autonomie, en classe, en groupe, expliquer les objectifs, l’intérêt des séquences pourra les aider à se sentir accompagnés et à savoir où ils vont.
  • Suivre le travail et l’assiduité des élèves, pour cela alterner entre des moments de travail individuel et collectif, des rendez-vous synchrones (en direct) et asynchrones (par messagerie par exemple), permettra à chacun d’y trouver son compte.

Tout est donc une question d’équilibre, et cet équilibre ne sera pas le même selon l’âge et le niveau des élèves. Pour schématiser, plus les élèves sont jeunes et plus le niveau de français est bas plus il faudra privilégier les moments de travail en direct et proposer de courtes activités à faire en autonomie. En revanche, plus le niveau est élevé, plus on pourra se permettre de garder les moments de direct pour des tâches bien spécifiques, notamment la production orale, l’interaction, les jeux etc.

Le contenu du cours de FLE en ligne

En partant du principe qu’une heure de cours en ligne n’équivaut pas du tout à 1h de cours en présentiel, puisque l’on passe souvent plus de temps à animer et à résoudre d’éventuels problèmes techniques qu’à transmettre, il faut revoir l’organisation de son cours et fractionner les étapes entre direct et travail en autonomie.

Reprenons la structure originelle de notre séquence pédagogique :

  1. Anticipation
  2. Compréhension du document
    1. Globale
    2. Détaillée
  3. Travail sur la langue
    1. Repérage
    2. Conceptualisation
    3. Systématisation
  4. Production

L’anticipation

L’objectif de cette étape est de sensibiliser les apprenants à l’univers dans lequel ils vont évoluer et de lancer la séquence. Ce moment est en général un moment d’interaction, d’échange d’idées et de point de vue, qui peut être relativement ludique. Il est donc important de garder cette étape pour un moment de face à face, en visio-conférence par exemple.

Des outils comme Mentimeter (pour faire des sondages en ligne), Coggle (cartes mentales collaboratives), Tagul (pour les nuages de mots) pourront nous aider à reproduire ce que l’on aurait fait en classe.

Le travail sur le document

C’est un travail que l’on peut commencer avec les apprenants, notamment la phase de compréhension globale qui peut mener aussi à de l’interaction lorsqu’ils vont formuler des hypothèses par exemple, mais ensuite on pourra rapidement leur proposer d’effectuer la suite du travail de compréhension en autonomie, ce qui leur permettra de travailler à leur rythme et de la manière qu’ils préfèrent.

Là aussi, de nombreux outils existent pour nous faciliter le travail : Kahoot (quizz en ligne), les vidéos de l’Espace virtuel, la rubrique « C’est d’actualité » de l’Espace virtuel (pour travailler la compréhension écrite), les activités du livre…

Travail sur la langue

Il peut être intéressant de laisser l’apprenant commencer le travail sur la langue en autonomie, notamment pour les phases de repérage et de conceptualisation, puisqu’il va devoir chercher les solutions par lui-même et s’interroger sur le fonctionnement de la langue. La collection « Grammaclips » sur l’Espace virtuel est idéale pour ce travail. En revanche il est indispensable de vérifier en direct avec eux que tout ait bien été compris et assimilé et répondre à leurs éventuels doutes. Pour cela on pourra procéder à des exercices de systématisation à l’oral par exemple, ou sous forme de quizz avec des applications comme Quizlet ou Quizziz.

Production

La phase de production est sans doute la plus facile à gérer à distance puisqu’il y a de nombreux outils à la portée des apprenants, notamment dans leur smartphone, pour réaliser des vidéos, des photos, des montages, des notes vocales… Et pour les productions écrites, le travail en groupe est facilité par les outils collaboratifs tels que Google doc ou Framapad.

En revanche, il sera sans doute intéressant de procéder à une mise en commun, ou à un retour sur le travail lors d’un moment en direct.

Pour terminer

Transformer sa manière de travailler c’est avant tout se poser les bonnes questions, afin de gagner du temps, de l’énergie et pouvoir se concentrer sur ce qui nous importe réellement en tant qu’enseignant : que nos apprenants atteignent leurs objectifs avec le sourire. Voilà une petite liste de questions à ne pas oublier de se poser afin d’aborder les cours en ligne en toute sérénité :

  • Est-ce que je peux adapter le matériel que j’avais prévu pour un cours présentiel ?
  • Est-ce nécessaire de créer de nouvelles ressources ?
  • Quelles tâches mes élèves vont devoir réaliser dans le temps de cours et hors du temps de cours ?
  • À quel moment suis-je le plus utile ?
  • De quel matériel disposent mes élèves ? Et moi ?
  • Est-ce que j’ai envie d’y passer beaucoup de temps ?

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Certains des outils TICE cités par Amandine Quétel y sont détaillés.
Vous pourrez aussi visionner quelques Grammaclips disponibles en accès gratuit.

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