Toutes les réponses à vos questions sur le cahier Spécial Dyslexiques de Reporteros


« Chers collègues,

Auteure du cahier d’activités spécial dyslexiques de la collection Reporteros 5e, j’ai eu beaucoup de plaisir à présenter ce support inédit lors de visites organisées dans des établissements ou de journées interéditeurs.

Ayant constaté que certaines questions revenaient fréquemment, j’ai décidé d’y répondre dans l’article ci-dessous afin que vous puissiez vous faire une idée claire du fonctionnement et des atouts de ce cahier. Je reste également à votre disposition pour tout éclaircissement à l’adresse [email protected].

N’hésitez pas à me contacter !

Sophie Rouet »

 

  • Pourquoi avez-vous souhaité participer au cahier spécial dyslexiques de Reporteros ?

Comme tous les enseignants, j’ai chaque année en moyenne deux à trois enfants dyslexiques par classe et suis donc directement concernée par leurs difficultés et par la question de la différenciation pédagogique.
Mais je le suis aussi à titre personnel car mon fil aîné est dyslexique et dysorthographique. C’est pour mieux comprendre ses troubles et trouver des solutions pour l’aider dans son apprentissage que j’ai intégré
l’association Apedys (Adultes et Parents d’Enfants Dyslexiques) de Franche Comté en 2013. Depuis lors, je participe à de nombreuses conférences sur la dyslexie et j’anime des ateliers d’aide aux parents ainsi que des ateliers de sensibilisation pour les professeurs. Beaucoup se sentent démunis face aux élèves dys car il n’existe à l’heure actuelle que peu de supports adaptés
à leurs besoins. Lorsque les éditions Maison des Langues m’ont contactée pour réaliser le cahier spécial dyslexiques de Reporteros, je n’ai donc pas hésité un instant.

  • Qu’est-ce que la dyslexie exactement ?

La dyslexie est le plus courant des troubles spécifiques du langage. Elle se caractérise par de grandes difficultés rencontrées dans la lecture et dans l’acquisition des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit.
Tandis qu’un adulte lit 200 mots par minute et un enfant de CM2 entre 120 et 130, un dyslexique ne peut en lire que 40 à 60 en moyenne. Une étude de l’Union européenne montre que 6 à 8 % des enfants d’âge scolaire
en Europe présentent des troubles de la lecture.

  • Quel est l’objectif du cahier d’activités spécial dyslexiques de Reporteros ?

Notre objectif a été de placer les élèves dys en situation de réussite et de les faire gagner en autonomie. Avec ce cahier, la majorité d’entre eux devrait parvenir à réaliser les exercices sans l’aide de l’enseignant(e) ou des parents. En prenant conscience du fait qu’ils peuvent travailler seuls et réussir, ils gagnent peu à peu confiance en eux et en leurs capacités.

Bien entendu, chaque élève dys a des besoins qui lui sont propres. Mais tous se bloquent à la lecture de textes conçus pour les normo-lecteurs. Nous avons donc opté pour des solutions qui conviennent au plus grand
nombre et qui permettent de faciliter la lecture des consignes et documents, de réduire la fatigue, d’améliorer la compréhension et, par conséquent, les résultats.

  • Concrètement, comment aidez-vous les élèves dyslexiques dans ce cahier ?

Les aides proposées sont multiples et je détaillerai ici les
plus importantes :

• Nous avons utilisé dans l’ensemble du cahier la police Opendyslexic qui facilite la lecture car l’interlettrage est plus important et la base des lettres est plus marquée. Cela permet d’éviter les confusions, par exemple
entre le “d” et le “b”, ou entre le “q” et le “p”.

• Nous avons également simplifié les consignes des exercices. C’est essentiel car un dyslexique ne peut pas réaliser plus d’une tâche à la fois. Rappelez vous quand vous avez appris à conduire et que l’on vous demandait de surveiller les rétroviseurs tout en passant les vitesses et en faisant attention à la route. Cela vous semblait impossible au début. Un élève dys est toujours dans cette situation-là. Si vous lui demandez de
réaliser plusieurs choses à la fois, seule la première le sera réellement. C’est pourquoi, dans le cahier spécial dyslexiques de Reporteros, à chaque ligne de consigne correspond une seule tâche.

Nous donnons systématiquement la première réponse des exercices proposés, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, cela permet à l’élève de valider sa compréhension de la consigne : il voit tout de suite ce
qu’on attend de lui. Ensuite, cela lui permet de gagner en estime de soi puisque, lors de la correction, il aura la première réponse et pourra prendre la parole sans avoir peur de l’échec. C’est un élément à ne pas négliger
car les élèves dyslexiques ont souvent peu confiance en eux.

Nous proposons pour certaines activités des fiches d’astuces signalées par un pictogramme et téléchargeables gratuitement sur le site compagnon
de la collection (www.reporteros.emdl.fr). Ces fiches donnent à l’élève des méthodes très visuelles pour faciliter son apprentissage, comme par exemple celle du croque-note, de la carte mentale ou du regroupement par colonne. C’est un vrai plus car faire retenir une longue trace écrite aux élèves dyslexiques est fastidieux et peu efficace à long terme, voire
à court terme. Ils ont besoin de “photographier” les points de lexique, de grammaire ou de culture à retenir. En outre, une fois assimilées, ces astuces sont transférables à d’autres activités et à d’autres disciplines. Vous pouvez d’ailleurs les utiliser dans le cadre des heures d’AP (Accompagnement Personnalisé). Je tiens à préciser que ce cahier a suscité un véritable
intérêt de la part de l’ANAPEDYS (Association Nationale des Adultes et Parents d’Enfants Dyslexiques) qui a décidé de soutenir le projet.

  • Le cahier spécial dyslexiques peut-il convenir à des élèves atteints d’autres troubles spécifiques des apprentissages ?

Puisque nous avons choisi de nous adresser aux élèves dyslexiques dans le cahier d’activités de Reporteros, les adaptations que nous proposons concernent essentiellement les difficultés de lecture. Elles ne permettent pas d’aider les élèves souffrant d’autres troubles du langage, comme par exemple la dysphasie (trouble de la parole). En revanche, étant donné que les consignes sont simplifiées, la taille des lettres et des interlignes augmentée, les exemples systématisés et les aides plus nombreuses,
ce cahier spécial dyslexiques pourra être utilisé avec profit avec d’autres types de publics, par exemple les élèves en difficulté ou ceux qui souffrent de problèmes de vue légers.

  • Peut-on utiliser le cahier d’activités classique et le cahier d’activités spécial dyslexiques en parallèle dans une même classe ?

Tout à fait, le cahier spécial dyslexiques a même été conçu pour cela, dans un souci d’inclusion scolaire et de réduction des inégalités au sein de la classe. Il reprend toutes les activités de la version classique, avec la même numérotation, de sorte que l’on peut donner les mêmes activités à tous les élèves.

Sophie Rouet
Professeure d’espagnol
au collège Notre Dame Mont-Roland de Dole (39)

Abonnez-vous à notre newsletter pour les professeurs d'espagnol