La Rencontre FLE 2011 - Conférences

CONFÉRENCES

C1 : ACTIVITÉ DE L'ÉLÈVE ET SITUATIONS D'APPRENTISSAGE

Maria-Alice Médioni

Le CECR a permis de (ré)introduire l'idée que le centre de gravité d'une situation d'apprentissage c'est l'activité de l'élève et que cette activité se manifeste dans la mise en œuvre de tâches. Pour autant, sur le terrain, si le Cadre a entraîné un regain de sens sur le plan professionnel, le manque de formation se fait maintenant sentir sur le plan de la transformation des pratiques. Partant de ces constats, je tenterai d'aborder un certain nombre de questions, à la lumière d'exemples concrets. Qu'est-ce qui permet la mobilisation ? Quelles sont les tâches susceptibles de structurer l'activité des élèves ? Toutes les tâches se valent-elles ? Quelles sont les ressources nécessaires, pour l'élève ? Comment organiser l'étayage, pour l'enseignant ? Enfin, la situation porte-t-elle les conditions d'une remise en question de ce que les élèves pensaient ou savaient déjà faire ?

Maria-Alice Médioni est PRAG d'espagnol au Centre de langues de l'Université Lumière Lyon 2. Sa thèse, soutenue en 2009, à Paris 8, portait sur les situations d'apprentissage et l'activité des élèves, à partir d'une mise en situation en espagnol. Elle enseigne également dans le cadre du Master 2 "Didactique des langues et TICE" (Lyon 2) et participe depuis de nombreuses années à la formation des enseignants de langues. Elle est responsable du Secteur Langues du GFEN (Groupe français d'Education nouvelle) et à ce titre a coordonné plusieurs ouvrages. Elle est également membre du Comité éditorial de l'APLV, dont elle a coordonné un numéro des Langues modernes sur "Littérature et plaisir de lire" (2010) et travaille également avec les CRAP, à travers la publication d'articles et la coordination de deux numéros des Cahiers pédagogiques consacrés aux langues et à la perspective actionnelle (2005 et 2010). Elle est également auteure de L'art et la littérature en classe d'espagnol, Chronique sociale, Lyon, 2005 et de Enseigner la grammaire et le vocabulaire en langues, Chronique sociale, Lyon, 2011 (à paraître en juillet).

C2 : CYBERTÂCHES, CYBERPROJETS ET PERSPECTIVE ACTIONNELLE

François Mangenot

Beaucoup d'encre a déjà coulé sur l'exploitation en FLE du réseau Internet, y compris dans sa nouvelle dimension de « web social ». Un consensus existe maintenant sur le fait que des tâches ou des projets bien conçus représentent le meilleur moyen d'intégrer les TICE à la classe de langue ; les formations (initiales ou continues) en didactique du FLE amènent d'ailleurs souvent à concevoir des cybertâches.

Mais quels critères permettent d'estimer qu'une cybertâche ou un cyberprojet (termes qui seront précisément définis) se situent bien dans la perspective actionnelle ? Telle est la question à laquelle cette conférence tentera de répondre. Pour ce faire, il convient tout d'abord de revisiter la perspective actionnelle de manière non dogmatique, en considérant notamment que certaines actions langagières en classe (ou entre classes à distance) peuvent en relever quand elles font véritablement sens pour les apprenants. Il faut ensuite examiner quelles sont les véritables spécificités des tâches et projets fondés sur Internet. Deux sont déjà bien connues, ce sont la variété et la multimodalité des documents supports et les riches possibilités offertes par la communication médiatisée par ordinateur. Une troisième a été relevée plus récemment, le fait qu'Internet constitue aujourd'hui un monde certes virtuel mais tout de même « colonisé » et qu'à ce titre, des actions bien réelles peuvent y prendre place.

Plusieurs exemples de cybertâches conçues dans le cadre de cyberprojets impliquant des étudiants de master FLE viendront illustrer le propos.

Professeur des universités en sciences du langage et didactique des langues, François Mangenot exerce depuis une dizaine d'années à l'université Stendhal – Grenoble 3, après avoir été longtemps en poste à l'étranger. Il a dirigé le département de FLE et il est actuellement vice-président chargé des relations internationales et de la formation à distance.

Sa spécialité de recherche a toujours été le lien entre TIC et didactique des langues, depuis la fin des années 1980 où il a publié des logiciels d'écriture créative jusqu'à aujourd'hui où il coordonne un axe du Laboratoire de linguistique et didactique des langues étrangères et maternelle (Lidilem) consacré aux recherches en ingénierie éducative, en passant par une thèse (et un livre) sur les aides logicielles à l'écriture (1995). Il a publié une centaine d'articles, communications ou chapitres d'ouvrages et il est l'auteur, avec Elisabeth Louveau, du livre Internet et la classe de langue.

 

C3 : LA RADIO : MÉDIA DE L'ORAL ; MÉDIA DE L'ENSEIGNEMENT

Yvan Amar

La radio : un outil précieux pour l'enseignant de français langue étrangère : gratuite, renouvelée chaque jour, adossée à l'actualité, elle permet d'échapper aux travers principaux qui guettent les fictions pédagogiques. D'autre part elle propose non pas une langue, un accent, un débit, un style, mais tout un bouquet d'usages variés selon les locuteurs et les situations de communication. Elle offre ainsi un bon moyen de se familiariser avec une langue contemporaine et journalistique. Mais elle fait également écouter des locuteurs francophones qui ne sont pas des professionnels de la communication, qui hésitent, se reprennent, font des « fautes »…

De plus, une station comme RFI, qui s'adresse d'abord à des non francophones natifs, diffuse tous les jours un « Journal en Français Facile » et plusieurs émissions sur le langue française (Le Mot de l'Actualité, la Danse des Mots).

Enfin, la radio, média ancien et traditionnel, est connue et utilisée par tous les segments de la population, avec des modes d'écoute à l'affût des technologies modernes : podcast, Internet, téléphone…

Yvan Amar est produteur délégué des émissions de langue français de RFI.

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