La compréhension de l'oral

article editions maison des languesLe choix méthodologique des Éditions Maison des Langues

Dans cet article nous vous proposons d'évoquer la manière dont notre maison d'édition aborde la compréhension de l'oral dans ses différents ouvrages et surtout fait agir les apprenants à partir de documents oraux enregistrés par des Français, des Belges, des Canadiens, des Suisses, des Africains, des adultes et des adolescents de manière spontanée.

1 - Le contexte

Rappelons ici, que dans ce monde changeant, où l'être humain doit être capable de s'adapter à une réalité complexe et globale qui exige une mobilité croissante, la maîtrise des langues est sans aucun doute un atout majeur pour le succès de cette adaptation.
Le CECR met clairement en avant la notion de compétence et être compétent dans une langue, c'est avant tout pouvoir interagir socialement, et être donc capable de comprendre un locuteur particulier ou plusieurs locuteurs dans une conversation générale.
En effet de la compréhension d'un locuteur unique (schéma question/réponse par exemple), il faudra que l'apprenant sache passer à des « échanges doubles ou triples », donc à des schémas de compréhension plus complexes, qui font partie de transactions et d'interactions plus longues.

2 - La démarche

C'est dans ce sens que l'on doit apporter à l'apprenant les outils nécessaires pour qu'il puisse mobiliser un ensemble de compétences linguistiques et extralinguistiques, ainsi que les stratégies nécessaires à leur mise en place.
Dans le travail de la compréhension de l'oral, les objectifs sont nombreux : ils sont à la fois phonétiques, lexicaux, sociolinguistiques et socioculturels, discursifs et morphosyntaxiques.

1. Il s'agit dans un premier temps d'apprendre aux apprenants à reconnaître la composition phonétique des mots (structure syllabique, séquence de phonèmes, accentuation des mots, tons...), le rythme de la phrase, l'intonation, les élisions, etc.
Ceci est d'autant plus important que dans l'écoute d'un document oral, l'apprenant n'aura accès ni aux expressions du visage du locuteur, ni à sa gestuelle, ni à la position de son corps, qui sont de véritables compléments d'information.
Il s'agit aussi d'habituer son oreille à différents accents francophones et à différents registres de langues qui ne peuvent être perçus que dans une grande multiplicité de documents sonores.


2. Dans un second temps, il s'agit de faire acquérir à l'apprenant des stratégies d'écoute. On va lui demander de faire le bilan des stratégies qu'il a mises au point dans son propre système linguistique – ou dans celui d'une langue qu'il a déjà apprise – puis de les tester en français. Il va alors se rendre compte que ses stratégies ne fonctionnent pas vraiment et qu'il va devoir en développer de nouvelles qui, à leur tour, vont enrichir les premières. Il s'agit alors de rendre l'apprenant capable de repérer des informations, de les hiérarchiser, de prendre des notes, en entendant des voix, des rythmes, des intonations, des façons de parler et des accents différents. Ce travail d'appropriation de la langue orale doit amener les apprenants à comprendre les Francophones et, par conséquent, à s'exprimer plus aisément.


3. Dans un troisième temps, il s'agit de former l'apprenant-auditeur (et futur locuteur) à devenir plus sûr de lui et donc de plus en plus autonome pour agir et interagir en lui expliquant que ce n'est pas parce qu'il ne comprend pas tous les mots d'un texte qu'il ne comprend rien. Il s'agit ici encore de développer des stratégies de réception complémentaires aux stratégies d'écoute précédentes.

Ces stratégies recouvrent à la fois la reconnaissance du contexte et la mise en œuvre du processus de reconnaissance (phase d'ancrage). Pendant la réception du message, l'apprenant va à la chasse aux indices linguistiques et non linguistiques et à partir de son schéma de réception, construit sa représentation du sens. Il comble les lacunes potentielles du message par un jeu d'approximations successives ou par une coopération avec son/ses camarade(s) et parvient ainsi à la signification du message (phase de déduction). L'apprenant doit ensuite vérifier ses hypothèses (phase d'évaluation) et les réviser s'il y a lieu (phase de remédiation).


Nous pouvons constater ici que ce schéma de réception n'est pas très différent de celui que chacun d'entre nous met en place dans sa langue maternelle lors d'une conversation dans le brouhaha d'une foule, dans la rue ou lors d'une conversation téléphonique de mauvaise qualité : nous vérifions l'hypothèse lors de la mise en place de l'action définie par la conversation et si l'hypothèse se révèle mauvaise nous la révisons et la modifions.

En partant d'un exemple de compréhension orale de l'unité 4 de Rond-Point 1, niveaux A1-A2, activité 3, pistes 22-24 dans lequel l'apprenant doit suivre l'interview de trois personnes qui pratiquent un sport, nous constatons que les savoir-faire développés sont :
- la reconnaissance des sons du français,
- l'exercice de l'oreille à des accents différents (canadien, suisse, français)
- le repérage des mots-clés, â?¨
- la compréhension globale du discours,
- la découverte du registre standard, â?¨  â?¨
- la prise de notes,
- le partage de l'information avec les autres apprenants.

Prenons à présent un exemple de notre méthode pour adolescents Pourquoi pas 3, niveau A2.2., Unité 1, activité 5B, piste 5, nous constatons que les savoir-faire développés sont :
- la reconnaissance des sons du français lors d'une conversation téléphonique à un débit rapide entre deux adolescentes,
- le repérage des mots-clés pour situer le contexte,
- la compréhension globale de l'échange,
- la découverte du registre standard oral avec ses élisions, ses apocopes et les expressions spécifiques à une conversation entre adolescents,
- la prise de notes,
- la vérification et/ou la révision de ses hypothèses.

3 - Le matériel

L'équipe d'auteurs et de collaborateurs est consciente du fait que travailler la compréhension orale est primordial pour une bonne perception et donc une bonne production.
Pour ce faire, elle a été attentive à ce que les activités de réception orale soient nombreuses et variées, pour que l'utilisateur de la langue comme auditeur reçoive et traite un message parlé produit par un ou plusieurs locuteurs. Aussi parmi les activités d'écoute et de compréhension de l'oral, nous avons été attentifs à ce que l'apprenant, du niveau A1 au niveau B2 puisse :
- écouter des interviews, des conversations téléphoniques ou de la vie quotidienne pour exercer son oreille aux sons du français ;
- écouter des annonces publiques (aéroport, gares...) pour capter des renseignements, une information globale ;
- écouter les médias pour saisir une information particulière (météo, annonce publicitaire) ;
- être spectateur (théâtre, réunion publique, conférence...) pour prendre des notes et comprendre une information détaillée ;
- surprendre une conversation et saisir les implicites culturels qui surgissent dans le discours. Il s'agit de donner à l'auditeur tous les outils nécessaires pour qu'il devienne autonome donc pour agir et interagir sur des sujets plus ou moins complexes avec les Francophones qu'il rencontrera.

C'est pourquoi il nous a semblé évident de travailler avec des locuteurs natifs de tous horizons francophones pour former l'oreille de l'apprenant à différents accents, à différents débits et à différents registres et lexiques.
Un de vos apprenants arrive à Paris ou à Saint-Etienne-de-Tinée ; il pose une question à un passant, il est compris de ce passant et à son tour comprend la réponse. N'est-ce pas une belle réussite ? Et pour lui et pour vous ?

Marie-Laure Lions-Olivieri


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